Facteurs mondiaux influençant le marché pétrolier

La situation en Irak ; celle au Venezuela qui se dégrade à l'approche du référendum révocatoire, les attentats de Madrid… continuent à exercer une pression à la hausse.
La décision de l'OPEP de réduire encore de 1 Mb/j ses quotas dès le 1er avril, associée à des stocks d'essence américains faibles à l'approche du pic de consommation (" driving season "), va encore tendre l'équilibre offre-demande.
Les attentats en Irak et en Arabie Saoudite attisent, en mai, les craintes de perturbation de l'approvisionnement du marché mondial du pétrole.
Les plafonds respectifs des 42 $/b et 39 $/b sont alors franchis pour le WTI et pour le Brent.
Les ministres de l'OPEP décident de relever les quotas de 2 Mb/j à partir du 1er juillet pour les porter à 25,5 Mb/j.
L'OPEP met en œuvre une augmentation supplémentaire de son quota de 0,5 Mb/j à partir du 1er août.
Mais les prix continuent leur ascension, vus les risques pesant sur plusieurs régions ou entreprises productrices alors que la demande mondiale ne cesse d'augmenter et que les membres de l'OPEP ne disposent plus que de très peu de capacités inutilisées.

Depuis 2002, l'OPEP sait que le management efficace des marchés pétroliers nécessite de sa part des réunions régulières pour affiner et communiquer sa position.
En 2004, elle convoque ainsi 5 réunions dont 3 extraordinaires et s'engage dès septembre à produire au maximum pour essayer de freiner la montée vertigineuse des prix.
En octobre, l'OPEP produit 29,8 Mb/j, un chiffre record tandis qu'à Londres, le Brent franchit la barre des 50 $/b, une première historique…
Le record de clôture est de 51,56 $/b pour le Brent le 26 octobre et le record en séance est de 51,94 $/b le 27 octobre.
En moyenne, l'OPEP pompe 28,7 Mb/j de brut en 2004, soit une hausse de 1,9 Mb/j par rapport à 2003 et la plus forte production depuis 1979.

Au fil des rapports mensuels de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), le monde découvre que les projections de la demande pétrolière pour 2004 sont très largement sous-estimées.
Les premières estimations, en juillet 2003, prévoyaient une croissance pour 2004 de 1 Mb/j.
En réalité, l'augmentation de la demande entre 2003 et 2004 sera de 2,7 Mb/j.
La Chine est le moteur principal de cette hausse, avec une augmentation de la demande de brut de 0,9 Mb/j, suivie par les Etats-Unis (+ 0,5 Mb/j).
Cette hausse de 3,4 % de la demande mondiale est la plus forte constatée depuis 1976.
Enfin, du côté de l'offre, les prévisions se sont révélées trop optimistes : la première estimation prévoit une augmentation de l'offre non-OPEP de 1,3 Mb/j alors qu'en réalité elle n'est que de 1 Mb/j.

L'année 2005 commence avec des stocks industriels américains raisonnables, mais la réduction de 1 Mb/j, effective dès le 1er janvier, de la production OPEP, la situation en Irak, les troubles au Nigeria, le devenir de Yuganskneftegaz, ex-filiale de Yukos acquise en fin décembre par la compagnie étatique russe Rosneft, l'évolution de la consommation chinoise continueront à entraîner des tensions sur les cours.
L'hypothèse, jadis couramment utilisée, d'un retour à long terme du prix du baril vers les 20 $/b ne semble plus envisagée. (
source minefi. gouv )

 

 


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